كل نفس ذائقة الموت وإنما توفون أجوركم يوم القيامة
Avec la disparition de la grande figure nationale et humaine Boubacar Ould Messaoud, c’est un homme exceptionnel qui quitte la scène de la vie. Il a vécu parmi les siens avec grandeur par ses positions, discret dans sa présence, mais profondément marquant dans son parcours. Il s’en est allé dans le silence des hommes nobles qui accomplissent leur mission avec fidélité, puis s’en vont sans bruit, laissant derrière eux une histoire à raconter et une mémoire nationale impossible à effacer.
Le défunt — que Dieu lui accorde Sa miséricorde — fut le modèle d’un homme qui a su réunir compétence professionnelle et engagement humain. Il a tracé son chemin dans le domaine de l’architecture, faisant partie de ces fils de la nation qui ont contribué, par leur savoir, à bâtir l’urbanisme et à façonner les traits de la ville. Il dirigea la société SOCOGIM, où il incarna dans son travail un profond sens des responsabilités et du sérieux, avant de poursuivre son engagement en tant que conseiller au ministère de l’Habitat, mettant son expérience et son expertise au service des questions de logement et de développement.
Cependant, la trajectoire du défunt ne fut pas seulement celle d’une carrière administrative réussie ; elle fut avant tout celle d’un homme convaincu que la justice a un prix et que la dignité humaine ne saurait faire l’objet de compromis. Après des années de service dans différentes responsabilités, il choisit de consacrer ses efforts à la lutte pour les droits humains, convaincu que servir l’homme est la plus noble manière de servir la patrie.
Le défunt mena un combat clair contre l’esclavage en Mauritanie, mais ce fut un combat sage et équilibré, qui ne fut jamais dirigé contre aucune composante de la société. Il demeura plutôt une voix de vérité et de justice face à ceux qui violent la loi et portent atteinte à la dignité humaine. Il croyait que la défense de l’opprimé ne devait pas nourrir la haine, mais plutôt renforcer les valeurs d’équité et de justice au sein d’une société unie par une histoire et un destin communs.
Ce chemin ne fut pas facile : le défunt connut la prison à plusieurs reprises, mais il en sortit plus ferme dans ses convictions et plus profondément convaincu de la nécessité de préserver l’unité et la cohésion de ce peuple. Il rappelait constamment que la véritable réforme ne se construit pas sur la division, mais sur une justice qui protège la dignité de tous.
Il fut également l’un des premiers fondateurs du mouvement El Hor, qui adopta une lutte pour les droits humains modérée, visant à servir les esclaves et les anciens esclaves, dans un cadre préservant la paix sociale et renforçant les valeurs d’une citoyenneté égale. Ainsi, Boubacar Ould Messaoud demeura une voix sage dans le combat pour les droits, alliant courage dans la défense des opprimés et sagesse dans la préservation de la cohésion sociale.
Aujourd’hui, sa dépouille est portée en terre au cimetière Talhaya “Eleybe EL Ghoudatt” dans la ville de Rosso, non loin de son lieu de naissance dans la ferme de Toeoueikendiye . Comme si la terre qui avait été témoin des débuts de son parcours l’accueillait désormais à son terme, dans une scène où l’amertume de la perte se mêle à la sérénité du retour vers Dieu.
C’est un moment de tristesse qui ne concerne pas seulement sa famille, mais qui s’étend à tous les Mauritaniens qui ont reconnu en lui un homme sincère dans ses positions, ferme dans ses principes, et convaincu que la patrie appartient à tous.
En cette douloureuse circonstance, j’adresse mes plus sincères condoléances et ma profonde compassion à Son Excellence M. Mohamed Cheikh El Ghazouani, à son gouvernement, au peuple mauritanien, à la famille du défunt, à ses proches, à ses amis et à tous ceux qui l’ont connu et accompagné dans le chemin du combat et du service.
Nous avons perdu un homme grand par sa présence, sa morale et ses positions. Mais notre consolation réside dans le fait que des hommes comme Boubacar Ould Messaoud ne disparaissent jamais vraiment : ils laissent derrière eux une trace noble et une histoire lumineuse qui demeure vivante dans la mémoire de la nation et de ses générations futures.
Et dans le Messager de Dieu ﷺ nous trouvons la meilleure consolation.
Comme l’ont dit les pieux prédécesseurs :
« Il nous suffit, pour trouver consolation, de savoir que même le Messager de Dieu est mort. »
Que Dieu accorde au défunt Sa vaste miséricorde, l’accueille dans Son Paradis, et accorde à sa famille, à ses proches et à ceux qui l’aiment patience et réconfort.
En ce qui me concerne, je viens de perdre un oncle, un père, un confident, bref quelqu’un qui m’était très proche, quelqu’un à côté de qui j’ai beaucoup appris de la vie
Brahim Fall Mohamed Vall M’Bareck
Rosso
