Le petit commerce de légumes et de poisson continue de marquer la vie quotidienne dans les ruelles des quartiers populaires de Nouakchott. Entre échanges amicaux et effluences de produits frais, ce secteur informel joue un rôle essentiel dans l’alimentation des ménages, contribuant par la même occasion à accentuer le tissu économique local.
Dans le quartier de PK 10, à Riyad, sous un petit hangar construit avec des matériaux de récupération qui la préserve des rayons solaires et du vent , Mahjouba, 65 ans, dispose précieusement ses caissettes de choux, de tomates, de carottes, de patates, d’oignons et de piments sur une grande table en bois. Cette habitante du quartier PK 10 exerce ce métier depuis trente-quatre ans.
« C’est une activité commerciale laborieuse », déclare-t-elle, mais « c’est ce commerce qui fait vivre ma famille », ajoute-t-elle.
« Chaque soir aux alentours de 17 heures, je me rends au marché marocain et à la plage des pêcheurs pour m’approvisionner avant de venir ici le lendemain matin dans le quartier pour écouler mes produits. Alhamdoulilah, je m’en sors », fait-elle savoir, le sourire informant sur sa résilience.
« A travers cette vente des légumes et de poisson,nous scolarisons nos enfants et d’autres ont même terminé les études », raconte Kadia toute fière.
« Cette vendeuse des légumes estime qu’exercer son métier est un honneur, rappelant « qu’il n’existe pas de sot métier ».
Pour plusieurs ménagères, ces marchandes représentent une source d’approvisionnement en légumes. Anta, mère de famille, estime beaucoup cette activité commerciale de proximité qui lui fait gagner du temps. « Je viens régulièrement payer des légumes avec cette dame. Elle est à quelques encablures de ma maison », explique-t-elle.
« On n’a plus besoin d’aller jusqu’au marché des légumes à la capitale. Ici, on trouve presque tout, mais, il y a une différence entre les prix. Mahjouba connaît nos conditions, de temps en temps elle nous fait crédit », renseigne-t-elle, en garnissant son sachet de légumes frais et de condiments.
Khadija qui vient de PK 9 , une autre cliente assidue, parle aussi de l’importance de ces commerces et points de vente.
« Ces dames sont braves. Elles se lèvent très tôt le matin, œuvrent dans des conditions difficiles, et malgré tout, elles gardent toujours le sourire et l’espoir. Leur assiduité rend la vie du quartier plus heureuse », annonce-t-elle.
Répondant aux charges quotidiennes des foyers, cette activité génératrice de revenus contribue à engendrer des liens de solidarité entre les habitants du quartier. Les échanges et les rapports entre acheteuses et marchandes vont souvent au-delà de la simple convention économique, martèle Bintou.
Malgré les grandes difficultés liées au coût de la vie, aux perpétuels changements des prix, ces marchandes continuent de tenir bon, armées de courage, de volonté et d’espoir.
Les femmes vendeuses de légumes dans les quartiers populaires occupent une place essentielle dans le circuit d’approvisionnement dans les communes loin du centre-ville. Déterminées à remplir leur mission et à assurer la survie économique de leurs familles, elles font chaque jour des kilomètres pour alimenter leur commerce.
Dans les différents quartiers des PK comme ailleurs à Arafat, El Mina et autres, ces marchés d’à côté représentent des places de solidarité où combinent épargne et coopération.
Selon H.D, un économiste, les vendeuses de poissons, souvent actrices clés de l’économie locale et de la sécurité alimentaire, exercent un métier difficile , caractérisé par la vente , le nettoyage ( écaillage) et parfois la transformation ( séchage, fumage). Elles bravent des conditions de travail pénibles. « Ces femmes contribuent activement au développement économique et paient les taxes communales », conclut-il.
Par Aboubakrine Ould SIDI
