L’organisation SOS-Esclaves a suivi, avec une profonde préoccupation, les circonstances entourant le décès de la jeune » Fatimata Hamadi Bah » à Nouakchott, ainsi que les développements rapides et les informations contradictoires ayant accompagné cette affaire.
Tout en exprimant ses sincères condoléances et sa solidarité à la famille de la victime et à ses proches, l’organisation rappelle que le droit à la vie, le droit à la dignité humaine et le droit à la vérité constituent des principes fondamentaux qui ne sauraient faire l’objet d’aucune atteinte.
L’organisation a relevé plusieurs éléments préoccupants, notamment :
- L’absence d’implication de la famille de la victime dans les procédures d’autopsie, pourtant essentielle pour garantir la transparence et la confiance ;
- La fuite d’informations préliminaires relatives aux résultats de l’autopsie, avec la mise en avant d’une hypothèse avant l’achèvement de l’enquête ;
- La diffusion d’informations portant atteinte à la dignité et à la vie privée de la victime sur certains médias et réseaux sociaux, en violation du principe de présomption d’innocence et du respect de la vie privée ;
- Les constatations faites par la famille de traces de violences sur le corps, ayant conduit à une demande de réouverture de l’enquête ;
- Les tensions ayant entouré la gestion de la dépouille, notamment le refus de sa prise en charge ultérieure, contribuant à aggraver la situation.
Dans ce contexte, SOS-Esclaves appelle à :
- L’ouverture d’une enquête sérieuse, indépendante et impartiale, prenant en compte toutes les hypothèses possibles, afin d’établir la vérité sans précipitation ni parti pris ;
- Le respect des droits de la famille de la victime, y compris leur participation ou suivi des procédures médico-légales, avec la possibilité de recourir à des experts indépendants ;
- La cessation immédiate de toute forme de diffamation ou d’atteinte à la réputation de la victime, en rappelant que la dignité humaine demeure inviolable, même après la mort ;
- L’ouverture d’une enquête sur les circonstances de la fuite des informations médicales et judiciaires, constituant une violation grave du secret de l’instruction ;
- La garantie d’un traitement professionnel et respectueux des dépouilles et de leurs familles, conformément aux normes médicales et juridiques en vigueur ;
- L’appel à l’ensemble des acteurs — autorités publiques, société civile et médias — à faire preuve de responsabilité et à éviter toute instrumentalisation de cette affaire en dehors de son cadre légal et des principes des droits humains.
SOS-Esclaves, qui suit cette affaire avec la plus grande attention, réaffirme que la manifestation de la vérité et l’accès à la justice pour la victime ne peuvent être assurés que dans le cadre d’un processus judiciaire intègre, transparent et respectueux des droits de toutes les parties.
Fait à Nouakchott
Le 25/04/2026
Le Bureau exécutif
