À l’occasion de la Journée Africaine de lutte contre la Drépanocytose, célébrée chaque le 10 mai, l’Association de Soutien aux drépanocytaires en Mauritanie (ASDM) , a intensifié ses actions de sensibilisation et de prévention face à cette maladie héréditaire, qui constitue un défi majeur de santé publique.
Prenant la parole, la présidente de l’Association de Soutien aux drépanocytaires en Mauritanie (ASDM), Mme Marième Wane, a fait savoir que cette journée est une occasion pour ASDM de sensibiliser sur cette maladie. La présidente a rappelé qu’elle a créée l’ASDM en 2003 en tant que drépanocytaire. « J’ai été accompagnée par de nombreuses bonnes volontés dont des médecins », a-t-elle expliqué. Elle a saisi cette opportunité pour remercier l’ensemble des partenaires financiers et techniques de l’ONG ASDM en général et le Gouvernement Princier Principauté de Monaco en particulier.
La première partie de cette journée a été meublée par les communications scientifiques dont celle très remarquée de Dr Amadou Mamadou N’Diaye du Centre hospitalier National. « En 2021, on estimait à 7,74 PVD dans le monde, dont 515000 nouveau-nés, Afrique près de 80% des PVD », explique Dr N’Diaye.
« La drépanocytose est une maladie du sang héréditaire grave provoquée par une mutation du gène HBB, entrainant la production de globules rouges anormaux, en forme de faucille, qui bloquent la circulation sanguine et causent de graves complications », définition apportée dans la seconde partie.
Toujours dans sa présentation, il a souligné que la drépanocytose est une cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans, responsable de 81.100 décès en 2021. Citant parmi les complications courantes figurent les crises de douleur aigue, l’anémie, les accidents vasculaires cérébraux, les infections, l’insuffisance rénale et les risques à la grossesse.
S’agissant de la transmission, il a noté qu’elle se fait de la façon suivante : deux parents porteurs du gène : l’enfant soit malade (SS), un parent est porteur (AS) : l’enfant est porteur sain (trait drépanocytaire), il n’est pas malade mais peut transmettre le gène sous plusieurs formes : SS-SC SB. Il a insisté sur les conséquences de la maladie tout en parlant des complications multiples parce que tous les organes sont touchés. Il s’agit donc d’une maladie pluridisciplinaire car toutes les composantes de la médecine sont concernées.
Cette année, l’activité a été marquée par des communications scientifiques entre autres celle faite par Dr Diagana, Médecin Chef au dispensaire Kissal à El Mina sur l’importance du dépistage et de la prise en charge.
Quant à Mme Nafissatou Sow, sage-femme au centre de santé de Sebkha, elle a insisté dans son mot sur le dépistage néonatale et un dépistage gratuit pour les femmes, enfants et adolescents. « La sensibilisation joue un rôle très important dans la lutte contre les formes de drépanocytose », raconte-elle.
La drépanocytose est plus qu’un problème de santé publique, mais un défi social et humain, souligne-t-elle. Par conséquent, elle invite l’ensemble des acteurs de la société civile à faire preuve de solidarité aux drépanocytaires par le don de sang.
Les animateurs ont communiqué sur l’importance du dépistage avant le mariage ou une grossesse, pour identifier les porteurs du gène et réduire les risques de transmission.
Des témoignages de parents et d’associations ayant pris part à la journée de lutte contre la maladie ont fait état de l’implication davantage la société civile dans la sensibilisation sur le dépistage, la prise en charge et le soutien aux malades.
La question de sensibiliser le public sur les risques et les moyens de prévention, promouvoir le dépistage précoce, notamment par test rapide, améliorer l’accès aux traitements pour réduire la mortalité infantile était au menu de la journée.
Et, un participant de souligner que « la drépanocytose n’est pas une fatalité. Avec un dépistage systématique et une prise en charge adaptée, nous pouvons sauver des vies », déclare un participant.
Et, un autre d’ajouter que « la drépanocytose est évitable par le dépistage génétique et un diagnostic précoce permet de réduire les complications ».
Pour rappel, la sensibilisation a été largement faite dans les langues nationales afin que les participants puissent bien comprendre.
La cérémonie a réuni des acteurs sanitaires, des chercheurs, des représentants d’ONG, des malades, des parents, des notables, soulignant la nécessité d’une mobilisation continue.
Par Aboubakrine SIDI








